Le jeûne, j’ai testé (et bientôt adopté)

Au début de l’automne dernier, j’ai décidé de me lancer et réaliser un jeûne de quelques jours. J’ai tant entendu parler des bienfaits du jeûne dernièrement, capable de soigner jusqu’à des maladies graves (de type cancer ou encore schizophrénie selon des études réalisées notamment en Allemagne où le jeûne est utilisé de façon thérapeutique dans les hopitaux), qu’il ne manquait plus qu’à sauter le pas.

Vous me direz mais pourquoi réaliser un jeûne quand on est en bonne santé? Bon, déjà l’état de « bonne santé » dans nos sociétés est souvent réduit au fait de ne pas être malade, je dirais même de ne pas être gravement malade car, bien souvent, les troubles chroniques passent pour des maux inévitables et avec lesquels on peut continuer à avoir une vie « normale » (et donc continuer à ne pas s’intéresser à notre santé). Des approches comme la naturopathie nous montrent, au contraire, que la santé c’est un équilibre vital – qui peut généralement être bien au dessus de notre équilibre actuel au sens où nous pourrions certainement tou-te-s avoir bien plus d’énergie – que nous pouvons prendre en main. Et nous pouvons commencer à le prendre en main en s’intéressant à l’intelligence du vivant. Car oui, bien qu’on est tendance à l’oublier, tant nous sommes parfois anesthésié-e-s par nos modes de vie actuels, nous sommes bien des êtres vivants (et c’est chouette quand même non?!). A ce titre, certaines lois s’appliquent à nous et il est bon de les connaitre pour profiter pleinement de ce que nous sommes.

« Oula…intelligence de vivant… mais qu’est-ce que c’est que ce truc et pourquoi elle nous parle de ça celle-là, c’est pas un article sur son expérience de jeûne le truc là? » Oui, effectivement, je me suis un peu emballée, mais c’est pour expliquer pourquoi décider de faire un jeûne. En fait, comme tout être vivant, on produit des toxines que notre organisme évacue (il est balaise celui-là). Mais, parfois (ou même très souvent dans nos sociétés contemporaines), on accumule ces toxines et arrive à saturation. Notre organisme n’arrive plus à éliminer correctement et des symptômes apparaissent: des problèmes de peau (acnée, eczéma, psoriasis, …), des problèmes digestifs (ballonnements, contispation, ou même mauvaise haleine, …), ou encore des problèmes d’ordres émotionnel et mental (états dépressifs, insomnies, irritabilité, etc.). La bonne nouvelle c’est qu’on peut aider notre organisme, qui a la capacité à s’autorégénérer (elle est au top cette loi du vivant pas vrai?!),  à éliminer cette surcharge de toxines et ce via de multiples méthodes. Une de ces méthodes, c’est le jeûne. Et, d’un point de vue technique et organisationnel, elle me semble, de loin, être la plus simple. En effet, de quoi as-tu besoin pour réaliser un jeûne? Ben de rien en fait.

Bon, je te l’accorde, la réalité du jeûne est peut-être un peu plus complexe que ça, on a souvent pas mal de peurs et de croyances à dépasser (« comment tu vas partir le ventre vide?! », « attends mais moi sans manger je tiens pas 5 minutes », …), il faut quand même se préparer avant (sevrer le corps d’aliments solides du jour au lendemain, ou encore après une orgie gastronomique, c’est peut-être pas la meilleure idée), ce n’est pas un changement anodin dans notre quotidien (où les repas sont des moments pivots de chacune de nos journées), on peut s’entrainer avant (on l’a souvent fait en fait en s’abstenant de manger quand on est malade ou partant le matin sans petit-déjeuner par exemple), on peut aussi opter pour différents types de jeunes (sec, hydrique, Büchinger, …), et j’en passe.

Personnellement, je me suis préparée pendant une semaine. Durant cette semaine j’ai réduit le plus possible les excitants: café, thé, alcool (je ne fume plus mais pour celles/ceux qui fument il est préférable de réduire aussi la consommation de tabac durant cette semaine). Pour moi, ça a quand même voulu dire un p’tit café par jour  car j’en consomme beaucoup (sûrement trop) d’habitude. Les deux premiers jours de la semaine, j’ai supprimé progressivement les produits (facile pour une végétarienne 🙂 et sous-produits (oeufs, produits laitiers) d’origine animale. Les deux jours suivants, j’ai supprimé les céréales, féculents, et les légumineuses, le sucre aussi, pour basculer vers une alimentation de fruits et légumes exclusivement (ça inclus les chataignes wouhou!!! euh pardon, je suis cévenole). Selon votre régime alimentaire actuel, cette semaine peut déjà vous sembler insurmontable, essayez toujours, au pire vous en resterez là. Mais sincérement les fruits et les légumes nous offre une palette de possibilités impressionnantes. Bien sûr, s’ils sont locaux et biologiques ils n’en seront que (bien) meilleurs et le défi sera de suite beaucoup plus aisé.

Ensuite, je voulais me lancer sur un jeûne de 5 jours, finalement j’en ai fait 3. J’avais peut-être visé un peu haut pour une première expérience ou, ce qui est sûr, je n’ai pas bien programmé les dates (l’anniversaire de ma frangine serait tombé le dernier jour du jeûne, ça aurait un peu compromis la fête). Un conseil donc, si vous voulez vous lancer, planifiez d’avoir quelques jours totalement libres pour réaliser votre premier jeûne, peut-être même les suivants à chacun-e de voir. Qu’est-ce qu’il s’est passé pendant ces 3 jours? Le premier jour, je n’ai bu que des tisanes et de l’eau, et s’est passé comme une lettre à la poste (hum cette expression prête peut-être à confusion aujourd’hui hihi). Je me suis rendue compte que je pouvais facilement passer une journée sans manger, sans ressentir de faim ni de fatigue, et c’est sûrement le cas de nombreux/ses d’entre nous. Il se trouve que, ce jour là, c’est ballot (oula les expressions tombées en désuétude va falloir que j’arrête là), je suis tombée en panne de voiture. Quel rapport? Ben, sous le coup de la frustration (de ne pas avoir pu réaliser le voyage programmé), de l’énervement (d’avoir vu passer de nombreux automobilistes avant que quelqu’un veuille bien m’aider à pousser la voiture restée au milieu de la route, d’ailleurs grand merci au couple qui m’a aidé ce jour là :-), et une fois le sauvetage par ma famille effectué (merci aussi tiens :-), j’ai eu une grande envie de me jeter sur la nourriture (mais j’ai respiré un bon coup et l’envie est passée :-). Et hop! Une prise de conscience supplémentaire (je m’en étais déjà rendu compte mais là, étant donné le contexte de jeûne, ça a été particulièrement évident): ma façon de me nourrir et mes prises alimentaires sont très liées à mes émotions. Le deuxième jour n’a pas été si glorieux, maux de tête dès le matin, sensation de faiblesse et de fatigue très importantes. J’hésitais entre un jeûne hydrique (juste boire de l’eau) et un jeûne où il est possible de prendre des bouillons de légumes le midi et le soir, la fatigue m’a fait trancher pour cette dernière option dès le deuxième jour. Le troisième jour, le mal de tête a disparu, le manque d’énergie non et, en plus, j’ai  ressenti des douleurs dans les jambes. Alors, comme ça, c’est sûr, ça fait pas trop envie, mais en fait ce sont des symptômes normaux d’élimination ou de manque (car, oui, on est un peu tou-te-s des drogué-e-s de la bouffe), et vous pouvez en rencontrer d’autres si vous faites un jeûne (vertiges, nausées, etc.), et de l’adaptation du corps à la situation (il n’a plus son carburant habituel et doit donc changer son fonctionnement pour aller le chercher dans nos réserves), c’est donc plutôt bon signe, ça veut dire qu’on est déjà en train d’éliminer des toxines. Pour le coup, j’ai bien fait de réaliser ce jeûne durant des jours totalement libres, j’ai donc passé pas mal de temps à me reposer, une formule que je vous conseille! Au quatrième jour, je me lève avec une énergie folle, surprise moi-même. Je tire un peu plus mais, à midi, je romps le jeûne en prévision des festivités des jours suivants 🙂 Ce quatrième jour m’a néanmoins laissé l’eau à la bouche, à ce qui parait après les crises d’élimination (ou de manque) des premiers jours (qui font qu’on peut se sentir pas très bien) c’est une énergie débordante qui arrive. A vérifier lors d’un futur jeûne.

A la suite de cette expérience, je me suis dis qu’adopter la formule d’un jour de jeûne par semaine serait très intéressante, car le premier jour de jeûne ne m’a rien couté et m’a quand même fait bénéficier des bienfaits du jeûne (temps de repos pour le système digestif, début de l’élimination des toxines). C’est une réforme de mon hygiène de vie que je n’ai pas encore mise en place, mais, qui sait, peut-être que le moment viendra bientôt.

Depuis, j’ai réalisé un autre jeûne, avec un proche, mais très distinct. Il s’est agit d’un « jeûne » de 30 jours, je mets le mot entre guillemets car je n’ai en fait pas cessé de donner des nutriments extérieurs, sous différentes formes, à mon corps durant ces 30 jours. En effet, nous avons d’abord mangé exclusivement des fruits et légumes pendant 10 jours, puis des aliments liquides pendant 10 autres jours (jus de fruits et de légumes, veloutés de légumes) et enfin un repas par jour pendant 10 jours. Cette expérience a plutôt été facile pour moi et, à part quelques moments de fatigue, je n’ai pas ressenti d’autres symptômes d’élimination significatifs. Comme je suis végétarienne, que j’adore les fruits et légumes, et que j’ai réalisé cette expérience dans un pays tropical, où il y a une diversité incroyable de fruits notamment, les 10 premiers n’ont pas été très différents de ma diète habituelle finalement. C’est peut-être les 10 jours suivants qui ont été un peu plus déconcertants mais j’ai réalisé qu’on peut très bien se nourrir exclusivement de liquides, tous les nutriments peuvent être apportés par ce biais au corps et je n’ai pas ressenti de fatigue ni de faim pendant ces 10 jours non plus. Les 10 derniers ont été les plus contraignants, mais pour être tout à fait honnête, en dehors du repas (conséquent) unique de la journée, je me suis autorisée à manger des fruits et finalement ça n’a pas différé beaucoup d’une alimentation « normale ». Cette expérience a aussi été, je pense, plus facile car je l’ai réalisé avec un proche, on s’est soutenu-e-s, notamment par le simple fait de partager la même diète, et, en plus, on n’y a ajouté une dimension spirituelle (je ne rentre pas plus en détail ici car à chacun-e de trouver l’approche qui lui convient). Elle m’a permis de me défaire encore davantage de croyances sur l’alimentation (« il faut ceci », « il faut cela ») et d’acquérir encore plus de confiance en moi sur ce que je suis capable de faire et à quel point je peux décider de mon mode d’alimentation.

Et pour accueillir le printemps (les changements de saisons étant parfaits pour se lancer dans ce genre de démarches), je pense faire une mono-diète, je vous raconterai dans un prochain article 😉

Pour en savoir plus sur le jeûne, je vous conseille un livre que j’ai lu avant de me lancer:  Les bienfaits du jeûne. Organiser une semaine de jeûne pas-à-pas et une mono-diète détox de 3 jours d’Isabelle Bruno et Isabelle Boffelli, paru en 2016, aux éditions Hachette.

Dans un style et un support différents, vous pouvez aussi aller voir la série de vidéos youtube de Thierry Casasnovas sur le sujet, le lien vers la première de celles-ci ici.

 

 

8 réflexions sur “Le jeûne, j’ai testé (et bientôt adopté)

  1. Sympa cette idée de jeûne de 30 jours, j’aimerais bien tester, à l’occasion ! Je garde l’idée sous le coude, cet été ça sera certainement plus facile (+ de fruits, – de stress).
    Merci pour ton article riche !

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    • Merci à toi pour ton commentaire! ça m’a donné l’occasion de découvrir ton blog sur ta transition alimentaire vers le cru 🙂 ça tombe à pic, je suis justement en pleine phase de transition (commençant par la suppression progressive et totale des céréales). Au plaisir de te suivre 🙂

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  2. Pingback: La « faim  émotionnelle | «AuroNaturo

  3. Hola

    Esta genial tu redacción y hay demasiadas información que no sabía que me has enseñado, esta genial..

    te quería agradecer el espacio que dedicaste, con unas
    infinitas gracias, por instruir a personas
    como yo jujuju.

    Adios

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