La « faim » émotionnelle

D’après mon amie Wiki (hihihi), la faim, c’est « la sensation, après un certain temps sans manger, qui pousse un être vivant à rechercher de la nourriture« . C’est un mécanisme qui nous permet de survivre, en nous signalant quand notre corps n’a plus de carburant qu’il serait bon de lui en donner. Oui, physiologiquement on est encore constitué-e-s comme des Cro-Magnon (ça a de nombreux impacts au-delà du physiologique d’ailleurs, mais ça, c’est un autre sujet).

Est-ce que la faim est signalée par les fameux gargouillements? Par un creux à l’estomac? Par une envie super pressante de manger, la non moins fameuse fringale? Et bien, je suis au regret de te dire que: non. Les gargouillements et gazouillis sont le signe que tes intestins sont au travail (et qu’il faudrait tout simplement leur ficher la paix). Le creux à l’estomac peut très bien vouloir te dire bien autre chose (« j’ai peur », « je suis stressée »…). Et les fringales sont plutôt liées à nos addictions alimentaires (aux sucres rapides ou lents par exemple) et à nos déséquilibres qu’elles viennent compenser (« ce boulot me gave » littéralement hihi, « je devrais le/la quitter mais je n’y arrive pas », « je n’arrive pas à m’accepter et à m’aimer »…).

Et voilà comment on en arrive, très rapidement, à la « faim » émotionnelle, autrement dit au désir de manger qui s’enclenche quand des émotions sont là et qu’on n’a en fait pas trop envie de les voir. Me concernant, je me suis progressivement rendue compte que la plupart de mes prises alimentaires étaient clairement liées à mes émotions, et non pas à la sensation de faim que je n’expérimente que très rarement. Tu me diras sûrement: « ah non, non, moi c’est pas pareil je mange que quand j’ai faim ». Est-ce que tu as faim tous les jours aux environs de midi, puis de 16h, puis de 20h? As-tu « faim » de pain au chocolat le matin au réveil, de pain et fromage le midi et de tablette de chocolat l’après-midi? As-tu faim dès que tu rentres du travail, très faim dès que tu es en présence d’une personne en particulier? Si tu as répondu oui à au moins une de ces questions, je peux te dire que ta faim aussi est émotionnelle. La faim physiologique, elle, n’est pas réglée sur une horloge, sur un type d’aliment (quand tu as vraiment faim tu peux aussi bien manger un brocoli que du pain selon ce qui est à ta portée), sur la présence ou non d’autres personnes.

Il ne s’agit pas de dire « bouhhhhh que nous sommes vilains avec nos faims émotionnelles ». Non, pas du tout. D’ailleurs, tu remarqueras que, de façon générale, on se trouve tou-te-s des excuses pour camoufler cette faim émotionnelle et la faire passer pour une faim physiologique, toute la société est de mèche, aucun souci. Dès petit, on apprend que si on agit bien peut-être qu’on aura une récompense alimentaire, si on pleure aussi, que dans les bons moments on mange des gâteaux (on boit de l’alcool aussi souvent, bon ça c’est peut-être un peu plus tard selon le profil familial hahaha), qu’il faut manger 3 fois par jour à heure fixe, en famille, etc. Donc, plus grand, on a peur de s’évanouir si on rate un repas, on se console avec des aliments « doudous » dès qu’il se passe un truc, on cale nos repas sur l’heure à laquelle le/la conjoint/e veut manger, etc. Et adieu la place au ressenti physiologique!

C’est pas un drame me diras-tu, du moment qu’on arrive à maintenir un certain équilibre pour éviter de se surcharger en nourriture et en particulier en nourriture « nocive », la nourriture c’est aussi une histoire de plaisir, de socialisation, etc. Je suis bien d’accord, juste rappeler que, bien des fois, on arrive pas à maintenir ce « certain équilibre » (surtout à certaines périodes de l’année, tu vois ce que je veux dire) et que ça explique de nombreuses « maladies de civilisation » (ce terme me fait bien marrer, paie la tronche de ta « civilisation »): obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, …

Personnellement, pour m’aider à retrouver l’équilibre et se reconnecter à la sensation de faim, j’ai maintenant intégré dans ma vie courante la pratique du jeûne. Les deux façons de jeûner que je pratique et qui me semblent très accessibles sont: le jeûne intermittent, dans lequel on laisse le système digestif tranquille pendant au moins 16h (personnellement je ne petit-déjeune plus le matin, mais ça peut aussi se faire dans l’autre sens en ne mangeant plus le soir ou alors en mangeant plus tôt, en fin d’après-midi par exemple, à chacun-e de voir ce qui lui convient); le jeûne hebdomadaire, choisir un jour dans la semaine ou on ne mange pas (personnellement je fais ça tous les vendredis et je kiffe!) ou alors ne faire qu’un repas ce jour-là ou encore une mono-diète. Vraiment, je trouve ce moyen de rééquilibrer les choses vraiment chouette et bien qu’il soit parfois encore très mal vu socialement, mes temps de jeûne sont aussi pour moi un vrai plaisir maintenant (reconnexion au corps, sensations chouettes, sentiments positifs). Si tu veux en savoir plus sur les mécanismes en cours dans le jeûne, tu peux lire cet autre article. 

Mais, ce dont je voulais surtout te parler dans cet article c’est l’aspect émotionnel, plutôt que physiologique, comme le titre de l’article l’indique (héhé). Car en fait, à chaque fois que l’on recourt à la faim émotionnelle, on étouffe la prise de conscience de l’émotion qui nous traverse (au-delà du fait qu’on va se surcharger de nourriture pas forcément très bonne pour nous par ailleurs). Du coup, on freine la connaissance qu’on peut avoir de soi-même (quand il se passe telle chose, je ressens en général telle émotion…), la prise de conscience de choses dans nos vies que l’on pourrait peut-être changer (en fait cette personne me fait tout le temps ressentir telle émotion, peut-être que je devrais prendre mes distances avec elle…).

C’est cet aspect que je souhaite explorer davantage dans les temps à venir. On m’a donnée deux conseils très simples (en apparence héhé) à mettre en place pour essayer de faire cela: quand on souhaite manger, boire un verre d’eau et voir si la sensation de faim est toujours là 5 minutes plus tard (si oui c’est plus probable que ce soit de la faim physiologique mais à vérifier quand même avec la seconde étape), prendre une respiration profonde et se demander qu’est ce qui se passe vraiment en moi? Qu’est ce que je ressens maintenant? Avant de manger.

Même si tu t’en fiches de manger alors que tu n’as pas de faim physiologique, et ce pour divers motifs (tu veux manger avec ta famille, des ami-e-s, des collègues, tu veux te faire plaisir, ou autre), je pense que faire au moins le second exercice peut être très intéressant quand même. Il peut amener des prises de conscience sur nos émotions, qu’on est généralement très peu familiarisé-e à écouter tant qu’elles ne nous submergent pas, en automatisant des instants où on interroge nos ressentis émotionnels, avant chaque prise alimentaire dans ce cas.  C’est ce que j’essaie de faire désormais, même si bien souvent je décide de manger même quand j’identifie clairement que c’est une émotion que je veux étouffer au moins j’ai déjà cette première prise de conscience.

Finalement, de quoi avons-nous peur pour ne pas oser s’interroger sur nos pratiques alimentaires ? Que se passerait-il si en décidant d’être pleinement à l’écoute de soi-même on se rendait compte qu’un seul repas par jour nous convient, que les horaires fixes ne nous correspondent pas, que manger en la présence de telle personne ou dans tel contexte non plus ?

Si vous voulez partager vos ressentis et expériences par rapport à la faim physiologique et émotionnelle, j’en suis bien curieuse, laissez vos commentaires (je vous en remercie d’avance )!!

Bon appétit :-p

Pour les hispanophones, je recommande vraiment cette vidéo sur le sujet !

3 réflexions sur “La « faim » émotionnelle

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